Et vous, aimez-vous votre voix ?

Découvrez pourquoi vous n'aimez pas votre voix (si c'est le cas !),
et comment remédier à cela.

Vous êtes nombreux à m’écrire pour me dire que vous n’aimez pas votre voix. D’autres ne supportent pas de s’entendre sur un enregistrement. Rassurez-vous : beaucoup de gens sont dans la même situation. Savez-vous pourquoi votre voix ne reflète pas réellement qui vous êtes?

Dans cet article, je vous explique la véritable raison pour laquelle votre voix sonne faux ou semble en dysharmonie avec votre personnalité et votre être intérieur. Je vous donne également quelques pistes de réflexion pour vous réconcilier avec votre elle.

L’explication classique : deux types d’écoute pour une seule voix
Une raison couramment admise pour expliquer ce phénomène de désamour à l’égard de sa propre voix est celle qui consiste à distinguer deux types d’écoute lorsqu’on parle :

  •  Une écoute aérienne : il s’agit du son que l’on entend à travers l’espace aérien et le retour qu’on en a grâce à l’ouïe.
  •  Une écoute intérieure : elle correspond à la transmission osseuse et à la résonance interne qui interpelle et met en route l’oreille.

Le décalage entre ce qui est entendu de l’intérieur et ce qui est perçu depuis l’extérieur provoque notre déception à l’égard de la voix.

Lorsque la voix est enregistrée, une seule écoute nous permet de juger de celle-ci, l’écoute aérienne extérieure. L’écoute intérieure étant écartée, la voix paraît étrangère. C’est un peu le même principe lorsque vous vous regardez en photo : n’avez-vous jamais eu l’impression de voir quelqu’un d’autre ? Cette explication est intéressante mais demeure incomplète car elle ne permet pas de remonter aux véritables origines de ce rejet quasi systématique pour certains. Voyons ensemble une autre raison, plus psychologique et spirituelle.

L’explication complémentaire : la voix est une construction qui cache notre essence
La voix : le reflet de notre égo ou de la personnalité

Si la voix n’est pas le miroir exact de notre cœur, c’est parce qu’elle reflète tout d’abord notre construction égotique, c’est-à-dire la manière dont nous avons fait face aux épreuves que nous avions à passer.

Inutile de vous rappeler que la vie est une grande comédie et que nous y jouons tous un rôle, plus ou moins élaboré avec brio pour apparaître sous notre meilleur jour aux yeux des autres. La voix est une composante élémentaire de ce personnage de théâtre qui nous accompagne dans l’existence aussi longtemps que l’on s’obstine à le garder. Il y a donc deux choses : ce que l’on montre et qui est forcément de l’ordre du « maîtrisé » ; ce que l’on est et qui relève du « spontané ». Si la voix reste du domaine de ce que l’on souhaite contrôler à tout prix, elle ne peut pas entièrement se libérer.

La voix : un organe éduqué et programmé
La voix dépend aussi de la manière dont nous nous sommes construits et ce, depuis l’enfance. Nous évoluons au sein d’une culture donnée. Très jeune, il nous faut répondre aux attentes de nos éducateurs (parents, nounous, professeurs…). Nous sommes sensibles aux blâmes et aux reproches qui nous sont adressés. La compétition à laquelle nous sommes soumis dès l’école est un autre élément qui nous façonne. Cette programmation va impacter la construction de notre personnalité et se répercuter sur notre timbre.

Finalement, peu d’entre nous avons la chance de sortir de l’adolescence avec la pleine possession de notre voix et proches de nous-mêmes. Si c’est votre cas, vous faîtes partie de la minorité de chanceux. En général, à la sortie de cette période turbulente, la voix est très éloignée de ce qu’elle pourrait être.

La voix : le produit de nos expériences

Cette programmation n’est pas seulement du fait de l’éducation. Elle s’est aussi réalisée à travers les tensions psychiques et physiques, accumulées au cours des épreuves de l’existence. On sait pertinemment qu’est refoulé dans l’inconscient tout ce qui est invivable dans l’instant (les petits et les grands drames, les douleurs…) Il n’est point besoin d’être Cosette pour souffrir des déceptions de la vie, aussi anodines puissent-elles paraître pour nos éducateurs.

En revanche, on sait moins que ces impacts émotionnels sont enregistrés dans le corps et très souvent au niveau des zones liées à la phonation telles que la cage thoracique, le diaphragme, les clavicules, le larynx, les cervicales…Toutes ces parties du corps sont le réceptacle de tensions subconscientes qui vont mener à la fermeture des chaines musculaires, engendrant des conséquences sur la phonation. Le résultat en est que la voix est resserrée et tendue. Lorsqu’on l’entend, elle nous paraît fausse. Effectivement, ce n’est pas véritablement la voix de l’âme qui parle mais celle de ces tensions émotionnelles encaissées depuis des années.

La voix : le révélateur de nos attitudes
Cette voix programmée dénonce nos manières d’être : nos traumatismes, nos déceptions, nos peurs et nos angoisses. Elle porte en elle les vestiges de notre arrogance, notre manque de confiance et nos souffrances. Elle trahit nos attitudes face à la vie : des attitudes outrageusement actives, la lâcheté, la paresse, nos démissions, une nature envahissante pour certains, un excès de volonté, le besoin de contrôler l’environnement…

Une oreille entraînée perçoit tous ces comportements dès les premiers instants. Tel l’ostéopathe qui en touchant le corps d’un patient connaît immédiatement son état de santé général, un professeur de chant distingue l’essentiel du psychisme et de l’énergie de son élève rien qu’en entendant sa voix.

Retrouver sa vraie voix : quelle(s) voie(s) ?
Nous venons de voir que l’acte phonatoire est une programmation. Comment la déconstruire pour reconquérir sa voix naturelle et spontanée, celle au plus près de l’âme? Nous sommes des robots et nous réagissons avec des automatismes. De manière inconsciente, nous perpétuons les mauvaises réponses, à moins d’être engagé dans un chemin de conscience et de découverte de soi, accessible à chacun.

En bref, « trouver sa voix, c’est trouver sa voie ». Belle maxime, n’est-ce pas ? Elle peut devenir votre credo dès aujourd’hui si vous le souhaitez. Réaliser ce chemin vocal, c’est faire un pas vers la connaissance de soi. Deux directions s’offrent à vous : la technique vocale ou le chemin du chercheur.

Le chemin de la technique vocale
J’ai enseigné la technique vocale pendant mes 15 premières années de professeur. La technique vocale est intéressante puisqu’elle vous rapproche de votre corps et de vous-même. Mais il y a un hic : on va souvent essayer de coller sa voix à l’esthétique du style que l’on veut chanter. Si vous chantez de l’opéra, vous allez être tenté d’imiter les canons des grandes voix lyriques. Si c’est le gospel qui vous fait vibrer, vous essayerez inévitablement d’avoir cette grosse « voix de noir » à la Ray Charles. Ce sont des clichés, bien sûr, mais cela illustre l’inconvénient majeur de la technique vocale : elle accorde trop de place à l’esthétique et ne prend pas en compte l’instrument pour ce qu’il est.

L’instrument « voix » est une merveilleuse chose du corps humain que les occidentaux savent si bien négliger. Nous sommes conditionnés à zapper les messages que notre corps nous envoie. Non seulement nous ne l’écoutons pas mais en plus, il n’est pas toujours traité avec respect. Que dit-on à l’enfant qui pleure à chaudes larmes après s’être cogné ? « Mais non, tu n’as pas mal ! » On réduit sa douleur à des simagrées. Le schéma se répète tout au long de l’enfance et le petit homme apprend à ne pas faire confiance à son ressenti puisque les adultes lui disent que ce sont des chichis. Un autre exemple, c’est le sport. Qui dit sport dit résultats et performances. Je cours très souvent le matin et je croise beaucoup de joggers se faire un mal de chien en courant. D’ailleurs, plus ils essaient d’avoir du style et plus ils se maltraitent.

En technique vocale, l’instrument « voix » est le laissé-pour-compte. Imaginez : vous souhaitez débuter à la trompette mais le tube est tordu et les pistons ne coulissent pas. Il y a peu de chances pour que vous deveniez Benny Carter un jour…C’est exactement la même chose pour la voix et le chant : mettre cet instrument en ordre de marche est primordial. Avant toute chose, il faut libérer les tensions qui enferment et serrent le tube vocal ou bloquent la respiration. D’ailleurs, beaucoup d’entre vous me disent : « j’ai le souffle très court », « je ne finis pas mes phrases », « je ne sais pas comment respirer ». Commencez par chouchouter votre instrument. La technique vocale fonctionne merveilleusement bien pour les veinards qui sortent de l’adolescence en possession de leur instrument. Je n’étais pas l’un d’entre eux. Si ce n’est pas votre cas non plus, prenez le chemin du chercheur.

 Le chemin du chercheur
Le chemin du chercheur est la 2ème voie possible. C’est celle de la personne curieuse, qui s’efforce de rassembler les éléments, pose les vraies questions et refuse les solutions toutes faites. Avec l’humain, point de recette miracle ! Ceux qui empruntent ce chemin sont aventureux et s’engagent en profondeur dans un travail d’écoute de soi. Cette voie mène à la transformation mais requiert quelques efforts : il faut être présent, vigilant, discipliné et conscient des mécanismes.

Comment voulez-vous réparer votre robot mixeur si vous ignorez tout de son fonctionnement ? Si vous le trifouillez alors que vous n’y connaissez rien, vous risquez de le casser définitivement. En technique vocale, vous êtes tenu par la main : « Elargis les côtés », « Ouvre la cage thoracique », « Descends ton larynx »… Les solutions coulent de source. C’est fantastique les premières années, la voix devient forte et puissante puis au bout d’un moment, ça patine ! Si vous êtes dans cette situation, il est grand temps de vous soucier de votre instrument.

2 étapes à retenir dans le chemin du chercheur :

1)   Réaliser des déblocages. C’est le but des stages. Nous travaillons directement sur les tensions qui vous freinent. Mais si vous rentrez chez et que vous ne changez pas votre énergie, votre manière d’être et d’envisager l’action, elles reviendront au galop. La conscience va ici jouer un rôle déterminant.

Frederick Matthias Alexander, concepteur de la méthode Alexander, évoquait « l’usage de soi ». Je trouve que cette notion est très juste. Posez-vous ces questions : quel usage faîtes-vous de vous-même au quotidien, depuis le lever jusqu’au coucher ? Comment vous comportez-vous lorsque vous marchez dans la rue ou courrez pour attraper le train ; lorsque vous faîtes la cuisine ou l’amour ; lorsque vous parlez ou que vous êtes assis dans votre canapé ? Comment vous « utilisez-vous » dans ces moments-là ? Quel est votre rapport à l’action ? Recherchez-vous des résultats ? Souhaitez-vous aller vite ? Quel est votre degré d’attachement à la réussite ? Quelle est votre énergie ? Ce sont précisément dans ces moments-là que les tensions recommencent de plus belle. Le stress se réinstalle confortablement entre psyché et corps. Pour en finir, le seul moyen est d’en prendre conscience et de savoir comment vous fonctionnez, que ce soit dans l’acte vocal ou dans ces instants du quotidien. Identifiez vos mauvaises postures, les gestes faux où ceux qui génèrent de la tension.

2)   Inhiber les réponses automatiques mises en place très tôt dans votre vie. C’est apprendre à dire « non ! » fermement aux anciens réflexes. Cela demande surtout de la vigilance et de la discipline. « Discipline » : voilà un mot qui fâche chez les français ! Dans aucun domaine il n’y a pas de progression possible sans un minimum de rigueur. C’est d’autant plus vrai pour ce qui touche le registre de la spiritualité.

Je peux vous accompagner dans ces étapes afin d’ouvrir votre voix. Vous allez l’entendre parler authentiquement et être incroyablement surpris. Ensuite, la balle est dans votre camp : c’est un travail de tous les jours mais je peux vous en donner les clés. Ce chemin vous permettra de trouver votre vraie voix et de faire une utilisation juste de votre instrument. Vous serez en mesure d’apporter des réponses adéquates à ce que la vie vous propose. Vous cesserez de fonctionner sur cet ancien schéma stimulus/réaction.

La plupart de mes stagiaires s’étonnent de ne plus être perçus de la même manière par leur entourage. Leur énergie s’est métamorphosée positivement. De nombreux bénéfices peuvent être recensés. Ils se sentent plus confiants, plus calmes et leurs relations avec l’extérieur deviennent fluides et apaisées. A votre tour, maintenant !

J’espère que cet article vous aura permis de mûrir votre réflexion. Si vous l’appréciez, n’hésitez pas à le partager sur votre page Facebook ou d’en discuter avec vos amis ou collègues de chorale. Laissez-moi un commentaire ou un mot sympathique. Je vous répondrai avec plaisir.

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3 Comments

  • Gilles

    Gilles

    Reply Reply 21 septembre 2015

    Hello, dites-moi en quoi je peux vous aider.
    Gilles

  • FOUBE richard

    Reply Reply 21 septembre 2015

    bonjour gilles!
    j’ai écouté,cela remonte au début de tes premiers rendez vous via la video internet avec un groupe d’élèves,j’ai ecouté
    avec attention un passage ou tu parlais de nettoyage des cordes vocales.est ce qu’on nettoie ses cordes vocales avec
    les vocalises » yé yi you ya « ? c’est la question que je me suis posée.
    pour info, j’ai participé deux fois a un karaoké organisé dans un club vacances.j’ai repris »l’hymme a l’amour »et » la mer »de charles trenet.
    j’ai appliqué ton enseignement avec le « yé yi yu ya  » et j’ai pu monter assez haut dans la voix . j’ai eu des applaudissements après ma prestation.
    j’avoue quand meme avoir eu un peu le trac au tout debut mais dans l’ensemble cela s’est bien passé.
    encore merci a toi pour l’enseignement sur « ouvrir la voix  » que tu donnes a tes élèves ».
    bien a toi!
    RF.

  • Michelle

    Reply Reply 22 septembre 2015

    J’ai reçu votre témoignage sur la voix et pourquoi elle est ainsi et je suis captivée par vos réflexions!
    Vraiment plus que très interessée et étant moi-même sur le chemin de la spiritualité,je souhaiterai vivement connaître cette technique par le biais d’un stage!
    Je vais de ce pas me renseigner sur la prochaine date;
    Merci pour toutes ces précisions!

    Mich’ailes!

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