Comment retrouver la voix, la joie, l’énergie du petit enfant ?

En revisitant vocalement vos émotions enfouies, vous parviendrez peu à peu à retrouver la voix avec laquelle vous êtes né et non celle qui a été fabriquée en réponse à ce que vous avez vécu.

Les émotions refoulées sont souvent à l’origine du blocage de la voix. Elles se mettent au travers de notre gorge, de notre système respiratoire, de notre langue et de notre mâchoire. Dans cet article, je vous propose de remonter aux origines de ces obstructions qui vous empêchent d’accéder à votre vraie voix. Découvrons ensemble le rôle prépondérant des émotions sur notre voix et visitons quelques solutions pour lever ces barrières.

Les premiers moments

La naissance et les premiers mois de la vie sont la source d’angoisses et de frustrations plus ou moins bien vécues pour le nouveau-né. Ensuite, le passage du statut de quadrupède à celui de bipède est tout à fait bouleversant pour le petit enfant qui doit concentrer un maximum de forces et de tensions dans les épaules, la nuque pour se tenir debout et soutenir le poids de sa très lourde tête. Ces tensions ensuite persistent.

Il y a bien sûr le rôle de l’éducation et de la culture. Nous nous sommes construits au travers des injonctions de nos éducateurs, que ce soit les enseignants, les nourrices, les moniteurs de sport, les animatrices de garderie et nos parents… À travers l’ensemble de ce processus, nos émotions ont parfois été enfouies et ensevelies d’où notre mal-être dans notre vie adulte.

Éducation et émotions réprimées
Comment l’éducation et la société répriment-elles nos émotions ?

Il existe 4 ou 5 grandes émotions :

  • la joie
  • la peur liée à la douleur
  • la tristesse
  • la colère

Prenons, par exemple, la colère qui est une émotion légitime. Lorsque nos valeurs, nos croyances et nos besoins ne sont pas respectés, il est tout à fait normal de ressentir de la colère. Elle n’est pas mauvaise. Elle est même plutôt « juste ». Sauf qu’elle n’est pas socialement acceptée. Ce constat est d’autant plus vrai dans nos sociétés occidentales. Il est inapproprié et impoli d’être en colère. Le problème c’est qu’une émotion non exprimée peut être à l’origine d’un blocage considérable.

Regardons nos réactions à l’égard des enfants. Imaginez : un enfant fait un caprice parce qu’on lui pose une interdiction. Il se met à crier. Que se passerait-il dans 90% des cas s’il n’y avait aucune intervention de notre part? L’enfant parviendrait à calmer lui-même sa tristesse et sa frustration. Il est fort probable de le retrouver en train de jouer sereinement quelques minutes après avoir fait jaillir sa colère.

La difficulté est que nous ne laissons pas les enfants s’exprimer de la sorte. Je suis convaincu que la grande majorité d’entre nous a été réduite au silence. Or, cette émotion est simplement une énergie en mouvement qui a besoin de s’exprimer. En la réprimant, nous créons les blocages et nous passons le reste de notre vie à tenter de nous réparer.

Nous interdisons ces réactions, car la société ne les conçoit pas. Si votre enfant fait une comédie au supermarché, tous les yeux se braquent sur vous et vous ressentez une honte intense. Idem dans les espaces publics.

Prenons un autre exemple. Lorsqu’un enfant tombe ou se cogne, les adultes lui disent quasi systématiquement : « Mais non, tu n’as pas mal. » Alors que si, bien sûr qu’il a mal puisque c’est ce qu’il ressent. L’enfant va alors anesthésier son ressenti et se mettre à douter de ses sentiments.

Ces émotions réprimées vont se loger insidieusement dans les organes et les muscles qui sont utiles à l’expression, à la communication et à la phonation. Certaines expressions de la langue française y font référence. Ne dit-on pas qu’on a le souffle coupé ou que l’on se sent étouffé dans certaines situations ?

En empêchant la communication, on impacte ainsi fortement les organes, les muscles, les ligaments liés à la respiration : la cage thoracique, le sternum, les côtes, les clavicules, les nombreux et puissants muscles du cou et autres muscles de la mâchoire (on « serre » les dents), la gorge, le larynx…toutes ces parties du corps abritent nos anciennes frustrations.

Des règles édictées pour le confort des adultes

Si nous portons attention à notre manière d’éduquer les enfants, nous constatons que les règles édictées par les adultes n’ont la plupart du temps pas pour but direct d’en faire des êtres mâtures, épanouis, capables de ressentir la joie et la vie intérieure : nos règles sont faites pour le confort des adultes et de la société dans la plupart des cas.

« Oui, mais il faut des règles ! » me rétorquera-t-on virulemment. Bien sûr, il faut poser un cadre et des normes qui encadrent et rassure l’enfant. Mais avec quelle énergie ? De quelle façon accompagnons-nous nos enfants dans la compréhension et le respect de ces règles ? Ce n’est sûrement pas en les réduisant au mutisme que nous y parviendrons ni en tuant l’expression ou la créativité.

La vie, la voix d’adulte

Parfois se sont des émotions vécues en tant qu’adultes qui bloquent la voix : un décès, une rupture, une déception, de la maltraitance ou du harcèlement opèrent de la même façon. Le principe de libération est également le même.

Revisiter sa voix d’enfant; Face à ces blocages auxquels nous sommes tous confrontés, que faire ?

Une des premières étapes est de se donner la permission : lorsque vous vous inscrivez à un stage, vous vous accordez implicitement la permission de vous exprimer. Ce moment est décisif.

En second lieu : acceptez d’émettre des sons incongrus, c’est-à-dire des sons qui sont potentiellement laids, agressifs ou affreux. Votre voix est sans doute surchargée d’aigus ou de graves qu’il faut faire sortir une bonne fois pour toutes. Il s’agit d’un « nettoyage » absolument nécessaire.

Il est vain de penser que l’on peut accéder à une belle voix, chaude, colorée après une telle enfance, en effectuant simplement quelques exercices de respiration. Lorsque vous vous inscrivez à un cours de chant, si votre intention est de faire de l’esthétique immédiatement, vous sautez une étape fondamentale. C’est comme repeindre un tuyau qui fuit : c’est inutile. Il faut d’abord nettoyer ce passé, retraverser les voix de l’enfance, craintives, apeurées, les cris de l’enfance, puis accéder progressivement à la voix vivante et joyeuse des heures heureuses. En revisitant ces émotions enfouies, vous parviendrez peu à peu à retrouver la voix avec laquelle vous êtes né et non celle qui a été fabriquée en réponse à ce que vous avez vécu.

Nombreux sont les élèves qui, durant les stages, vivent une véritable libération émotionnelle au travers de la voix et du souffle.

Mon expérience et quelques apports de la méthode « souffle voix » vis-à-vis des émotions

 J’aimerais vous faire part de mon expérience personnelle avec la méthode que je transmets pour illustrer ce cheminement.

Dans le passé, je me suis investi dans beaucoup de domaines tels que le yoga, le chi gong, la technique Alexander…J’ai également longuement étudié et fait de nombreuses recherches. J’ai littéralement cherché ma voix pendant plus de 25 ans.

  • Une amélioration de ses relations interpersonnelles

 Lorsque les stagiaires rentrent chez eux, leur entourage les perçoit souvent différemment. Les interactions avec les autres s’en trouvent modifiées pour le meilleur. Nous sommes à la fois « émetteur » et « récepteur ». Généralement, on reçoit sur la fréquence avec laquelle on émet. Quelqu’un d’agité ou d’agressif recevra une réponse en relation avec cette énergie négative. Et inversement. C’est tout simplement ce que les bouddhistes appellent la loi du Karma. Nous sommes à la source de ce qui nous est retourné.

  • Un ancrage dans son hara

La hara est le réservoir de notre énergie. Pour y accéder, il faut relâcher les tensions du haut du corps. Après un stage, les élèves parviennent à respirer plus naturellement, ils ouvrent leur tube vocal et renoue plus facilement avec leur force vitale.

  • Une école de la découverte de soi

Apprendre à observer ses mécanismes de fonctionnement, les inhiber quand cela est nécessaire et offrir de nouvelles réponses pour se libérer des tensions sont des actions qui peuvent être transposées dans la vie de tous les jours. Elles permettent de gagner en connaissance de soi. Ce qui est en jeu est notre rapport à l’action.

J’espère que cet article vous aura permis de mûrir votre réflexion. Si vous l’appréciez, n’hésitez pas à le partager sur votre page Facebook ou d’en discuter avec vos amis ou collègues de chorale. Laissez-moi un commentaire ou un mot sympathique. Je vous répondrai avec plaisir.

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